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6 semaines de vacances et quelques mois de chômage !

L’initiative syndicale «6 semaines de vacances pour tous », soumise en votation populaire le 11 mars prochain, conduira en fait à une augmentation du coût du travail des PME et, partant, à une augmentation du chômage. L’entreprise moyenne suisse compte moins de 10 personnes. Ce n’est visiblement par la référence du syndicat Travail.Suisse. Dans une très petite entreprise, le 88% des entreprises en Suisse, deux semaines de vacances supplémentaires équivalent à un demi-salaire que le patron ne pourra pas récupérer. En effet, et contrairement à une grande entreprise, le remplacement de la personne absente sera plus difficile, et le patron subira donc une baisse de sa productivité par l’augmentation des charges. Il sera moins à même de faire face aux mandats de ses clients et subira donc aussi une baisse du chiffre d’affaires. Evidemment, cette mécanique négative se cumulera à un affaiblissement de la situation qui paraît aujourd’hui inévitable. Notre pays ne peut se permettre une telle initiative alors que l’Europe est en plein marasme et que nous nous apprêtons à en subir les conséquences. Le taux de chômage a d’ailleurs déjà repris l’ascenseur ! Au-delà des conséquences funestes pour les PME et leurs employés qu’elle entraîne, cette initiative se place dans une conception de diminution du temps de travail, sans diminution de salaire, qui va à contresens de la situation économique actuelle. Pour rester compétitive notre économie doit accroître sa productivité et non la diminuer. La France paie très chèrement aujourd’hui sa semaine de 35 heures. En effet, chez eux, la baisse du temps de travail n’a jamais été compensée par l’augmentation de la productivité. Il faut donc, à l’inverse, d’abord produire plus pour ensuite accorder aux employés des augmentations de salaires supérieurs à l’inflation, si la branche considérée le permet. Au cours des dix dernières années, les salaires réels en Suisse ont augmentés de 6,8% ! La participation à l’augmentation de la productivité a donc eu lieu, et peut même s’ajuster aux branches professionnelles grâce aux CCT.  Non à un illusoire avantage qui pénalisera les travailleurs eux-mêmes.

La Direction

Jean-Pierre Siggen, Directeur UPCF
Jean-Jacques Marti, Directeur adjoint

 

N.B. : Dans notre rubrique informations vous trouverez également l'argumentaire court de l'Union suisse des arts et métiers contre l'initiative syndicale

Des allocations familiales pour les indépendants

La Direction de la santé et des affaires sociales soumet en consultation jusqu’à la mi-janvier une modification de la loi cantonale sur les allocations familiales, qui étend le droit aux allocations à tous les indépendants. Il s’agit donc de la mise en œuvre de notre nouvelle constitution cantonale qui adopte le principe « Un enfant, une allocation ». Le 18 mars de cette année, les Chambres fédérales ont adopté le même principe et modifié conséquemment la loi fédérale sur les allocations fédérales. En remplissant le mandat constitutionnel, notre canton ne fait donc qu’appliquer le droit fédéral.

Les indépendants bénéficieront donc aussi des mêmes allocations familiales que les salariés. Toutefois, à la différence des salariés et des agriculteurs, les indépendants paieront eux-mêmes les montants qu’ils recevront. Le financement consiste en une cotisation en pourcent du salaire AVS de l’indépendant, plafonné au montant maximal assuré dans l’assurance-accident obligatoire, soit 126'000.- par an. Pour les salariés les allocations sont versées uniquement par les employeurs, sans déduction sur le salaire de l’ayant-droit, et pour les agriculteurs, la Confédération se charge du versement. Bref, les indépendants seront les seuls à payer eux-mêmes la prestation qu’ils recevront. Nous trouvons cette situation pour le moins étonnante. Premièrement, l’indépendant, dans son esprit et sa manière de travailler n’a pas besoin que l’Etat lui dise comment épargner un peu d’argent pour ses propres enfants – quel exemple de l’esprit d’entreprise, novateur et indépendant ! – et secondement, l’indépendant sera le seul à ne pas bénéficier de soutien ! Dès lors, nous avons un peu de peine à comprendre les indépendants, notamment les représentants des professions libérales, qui se réjouissent de cette nouvelle prestation ! En anglais, on parlerait d’un autogoal !

La Direction

Jean-Pierre Siggen, Directeur UPCF
Jean-Jacques Marti, Directeur adjoint